Après avoir suspendu l’examen en nouvelle lecture du projet de loi de finances pour 2026, le Premier ministre a annoncé diverses mesures censées dessiner le budget de consensus qu’il veut imposer. Ces « concessions » pour éviter qu’une partie de l’opposition ne le censure se révèlent pourtant artificielles.
D’une part, il réaffirme la volonté du Gouvernement de maintenir les baisses de dépenses prévues par le projet de loi initial, soit une baisse des moyens des ministères, en euros courants, à l’exception des domaines régaliens. Et s’il est prévu d’augmenter le budget des outres-mers pour répondre à des situations de crise en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, cette annonce signifie qu’aucun moyen supplémentaire ne sera consacré aux autres postes de dépenses du ministère.
D’autre part, il évoque des mesures largement majoritaires au Parlement qu’il lui aurait été impossible d’exclure, comme l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu et des prestations sociales, le maintien de l’abattement de 10% sur les pensions ou la réduction des prélèvements sur les bailleurs sociaux de 400 millions d’euros. En aucune façon ces annonces ne peuvent être présentées comme des concessions.
Le Premier ministre ne cède rien : il prend juste un peu moins. Qu’il s’agisse de la prime d’activité, du repas à 1€, du Fonds Vert, il prétend rendre d’une main alors qu’il continue à prendre de l’autre :
M. Lecornu invente par ailleurs des supposées concessions à partir de rien. Il annonce « maintenir MaPrimeRenov » alors qu’il n’a jamais été question de la supprimer. Le Gouvernement a instrumentalisé la loi spéciale pour bloquer cette aide écologique, c’est déjàcondamnable. Mais, il prétend maintenant la maintenir le reste de l’année, alors que c’était déjà prévu. Même chose concernant les bourses étudiantes. Même chose pour la dotation globale de fonctionnement (DGF) – rappelons aussi que le projet initial du Gouvernement prévoyait des baisses de 7,6 milliards sur les collectivités, qui seront largement maintenues.
Le Gouvernement souhaite « poser les bases » du statut fiscal du bailleur privé. Mais cet avantage fiscal qui vise à encourager les particuliers à investir dans un logement pour le louer à un prix abordable ne pourra pas répondre structurellement à la crise du logement. Il ne s’agit que d’une nouvelle mesure de défiscalisation – une de plus – qui devra être compensée par des baisses de dépenses supplémentaires puisque l’augmentation de la fiscalité des plus riches
semble exclue du compromis.
Durant son allocution, il n’a effectivement pas abordé ce sujet. M. Lecornu annonce ne pas toucher « aux impôts sur les ménages ». Il omet commodément de faire la différence entre – d’une part – les ménages populaires, de classe moyenne, et même les ménages aisés – et d’autre part quelques milliers de ménages très très fortunés qui paient un taux d’impôt honteusement plus bas que les autres foyers. Cet évitement de la question fiscale est-il un oubli ou une validation de la copie actuelle de l’Assemblée nationale qui exclut la prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises ou la mise en place d’une taxe sur les holdings ?
Retrouvez le discours d’Éric Coquerel lors de sa cérémonie de vœux pour l’année 2026. « Je m’adresse à toutes celles et ceux portant un projet
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Retrouvez le point presse d’étape d’Éric Coquerel du 13 janvier 2026, avant la nouvelle lecture du PLF 2026 en séance.
Député de la 1ère circonscription du 93
Président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale