Incendies : des moyens toujours insuffisants face à un risque pourtant prévisible

Alors que les incendies se multiplient partout en France, Éric Coquerel alerte sur le manque de moyens accordés à la sécurité civile et appelle à faire de l’adaptation au dérèglement climatique une priorité du budget 2027.

Des moyens qui ne suivent pas l’augmentation des incendies

Cela fait plusieurs lois de finances où j’interroge les ministres de l’Intérieur sur le manque de moyens en matière d’incendies, alors même que les feux ne cessent de progresser (7 fois plus de surfaces brûlées et 12 fois plus d’incendies depuis 2018, sans compter cet été).

Bilan :

  • En 2024, les moyens de la sécurité civile étaient réduits de 6 %.
  • En 2026, ils n’ont progressé, inflation comprise, que de 37 millions d’euros.
  • Pour 2027, il n’est annoncé à ce stade qu’une augmentation de 60 millions d’euros pour tout le budget de la sécurité, qui inclut aussi la police et la gendarmerie.

En cette fin juillet, il est évidemment impérieux et prioritaire de saluer le courage et le professionnalisme des milliers de pompiers engagés contre les feux, ainsi que de tous ceux qui les aident sur le terrain.

Mais il est impossible d’ignorer la responsabilité de ceux qui n’ont rien anticipé en matière de moyens alors que tout était malheureusement prévisible.

Au-delà du constat : les responsabilités en question

Bien sûr il faut avant tout soutenir les pompiers et tous les services de sécurité, saluer la solidarité dont les Français font preuve et même la qualité de l’organisation des secours et des plans d’évacuations en cours.

Maintenant on ne peut pas subir les effets des canicules à répétition et des mégafeux multiples sans pointer les responsabilités et le manque de moyens, ne serait-ce que pour les corriger dès le PLF 2027. C’est un débat démocratique nécessaire.

Est-ce que tout cela était prévisible ?

Oui. Les hypothèses de Météo-France et le scénario de référence retenu par les autorités françaises (Trajectoire de Réchauffement de référence pour l’Adaptation au Changement Climatique) donnaient 12 jours de canicule jusqu’en 2022 puis une montée progressive jusqu’à atteindre deux mois en 2050.

Sur les incendies, pour ne pas parler des nombreuses alertes des parlementaires, en 2024 par exemple, Météo-France et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) indiquaient une recrudescence probable des incendies dans les années à venir, y compris dans des départements jusqu’alors épargnés.

Les statistiques européennes disponibles indiquent 7 fois plus de surfaces brûlées et 12 fois plus d’incendies depuis 2018.

Des budgets toujours insuffisants

Or, les budgets environnementaux baissent depuis 2025 (hors charges de service public de l’énergie), notamment avec un Fonds vert réduit de 67 % en deux ans.

Pour 2027, inflation comprise, ils n’augmenteraient que de 220 millions d’euros, soit une somme négligeable au regard des enjeux.

L’urgence est d’investir

On ne coupera pas à investir des milliards pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Plus on attend, plus cela coûtera cher et plus les conséquences seront dramatiques.

Voilà l’urgence.

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