La macronie s’appuie sur le RN pour faire adopter ses textes

A la veille de la suspension parlementaire de juillet 2026, la macronie s’est appuyée à plusieurs reprises sur l’extrême droite pour faire adopter ses textes. Votes communs, abstentions décisives et nomination du Défenseur des droits : voici un récapitulatif qui illustre la dérive réactionnaire du gouvernement.

La loi d’urgence agricole adoptée malgré une mobilisation citoyenne historique

Malgré l’ampleur de la mobilisation citoyenne, le gouvernement a choisi de passer en force et de s’appuyer sur le RN pour faire adopter la loi Duplomb.

En effet, plus de 2 millions de personnes ont signé une pétition contre ce texte qui prévoit notamment la réautorisation dérogatoire de deux pesticides interdits dans nos cultures : l’acétamipride et le flupyradifurone.

Cette réautorisation se fait au prix de la cohésion sociale, de la santé publique et de la protection de l’environnement.

La contestation a également gagné les rangs du gouvernement. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut a voulu démissionner pour s’opposer au texte, avant qu’Emmanuel Macron ne refuse sa démission.

Une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : une revendication historique du FN votée

En adoptant une loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre lors de l’usage d’armes à feu, soit un permis de tuer XXL, le gouvernement réalise le vœu de Jean-Marie Le Pen et donc une revendication historique du Front national.

Là encore, alors que la mobilisation citoyenne a été massive : plus de 730 000 signatures contre cette dérive, cette pétition a été enterrée en commission à minuit par la macronie, le RN et LR.

Une nouvelle fois, le gouvernement refuse d’entendre la voix de centaines de milliers de citoyens et choisit de faire adopter un texte avec le soutien de l’extrême droite.

Une mobilisation est prévue le 20 septembre 2026 contre ce permis de tuer XXL et pour défendre nos libertés.

François-Noël Buffet nommé Défenseur des droits : une nomination qui fragilise une institution indépendante

François-Noël Buffet alors sénateur LR a été nommé Défenseur des droits grâce aux voix de la macronie et du RN. Sa nomination est contestée en raison de ses prises de position sur la PMA, l’IVG, les droits des personnes LGBT+ et l’immigration.

Le Défenseur des droits est une autorité indépendante prévue par la Constitution, qui contrôle le respect des droits et agit sans intervention du Gouvernement. Il intervient notamment pour : garantir les libertés et l’égalité ; défendre les droits des enfants ; lutter contre les discriminations ; protéger les citoyens dans leurs relations avec l’administration.

En s’appuyant sur le RN pour cette nomination, la macronie fragilise l’indépendance d’une institution constitutionnelle chargée de protéger les droits et l’égalité de toutes et tous.

Loi RIPOST : un catalogue de mesures répressives, sécuritaires et discriminatoires

Avec le projet de loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens), le gouvernement poursuit sa fuite en avant sécuritaire. Le texte prévoit notamment :

  • la création de nouveaux délits ;
  • l’aggravation des peines ;
  • de nouvelles réponses pénales à des phénomènes déjà réprimés.

Rodéos urbains, free parties, usages de protoxyde d’azote : le gouvernement privilégie une réponse exclusivement sécuritaire, sans s’attaquer aux causes et aux conséquences de ces phénomènes.

Bienvenue dans la dystopie Nuñez, où la répression est érigée en unique horizon de la politique de sécurité. Le texte issu d’un accord de la commission mixte paritaire a été définitivement adopté grâce aux voix du RN

Loi sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux : l’utopique contrôle des moins de 15 ans finalement censuré

Présenté comme un texte de protection des mineurs, le projet de loi impose une vérification de l’âge pour accéder aux réseaux sociaux avant 15 ans. Mais derrière cette mesure se joue une question beaucoup plus large : celle de la généralisation du contrôle d’identité sur Internet.

La majorité des députés RN s’est abstenue et certains ont voté contre. Leur abstention a néanmoins permis l’adoption du texte.

Reconnaissance faciale, transmission de documents d’identité : le dispositif ouvre la voie à un fichage généralisé de la population et soulève des risques majeurs pour les libertés, la sécurité des données personnelles et notre souveraineté numérique.

Saisi par les députés insoumis, le Conseil constitutionnel a finalement censuré cette disposition. C’est une victoire majeure pour nos libertés fondamentales !

Loi dite justice criminelle : une justice plus expéditive au lieu de plus de moyens

Le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes a lui aussi été profondément contesté. Le texte avait d’abord été rejeté en commission. Le débat parlementaire a contraint Gérald Darmanin à revoir son projet et à retirer sa mesure phare : le plaider-coupable criminel.

Cette première victoire n’a toutefois pas remis en cause la philosophie générale du texte.

Magistrats, avocats et associations ont dénoncé une réforme qui privilégie une justice plus répressive et plus expéditive au détriment des droits fondamentaux, de la qualité des décisions et de la place des victimes.

Cette fuite en avant législative intervient alors même que la Justice manque cruellement de moyens : plus de 400 millions d’euros sont retirés à son budget.

Tant de temps perdu à légiférer sur des mesures inutiles et attentatoires aux droits et libertés, plutôt qu’à renforcer concrètement la lutte contre les violences et à donner à la Justice les moyens d’agir.

Le texte a finalement été adopté avec les voix du RN.

Un même constat : ces textes ne sont pas des épisodes isolés

Sur un certain nombre de textes, le gouvernement aurait pu rechercher des majorités au cas par cas à l’Assemblée nationale. Il a fait le choix de s’appuyer sur le RN pour faire adopter plusieurs textes structurants de cette fin de session parlementaire.

La dérive réactionnaire du macronisme aidé par l’extrême droite n’est pas une posture. Elle s’est traduite par des votes, des lois et des choix concrets.

Quand leurs intérêts convergent, macronie et extrême droite votent ensemble.

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